Terre sans Frontière

Terre sans Frontière -

Courrier de Haïti du 2 novembre 2013

Grâce à ce concert, nous soutenons
LE FOYER DE LA PROVIDENCE
à Port-au-Prince, HAÏTI

ORIGINES DU FOYER

« Dans les années 70, Sr Thérèse est affectée à la maison des Sœurs de la Paroisse de St Joseph, située à la périphérie d’un des plus grands bidonvilles de la capitale, Port-au-Prince.

C’est là que Sr Thérèse va découvrir sa véritable vocation : l’aide aux enfants démunis et délaissés. Proche du plus grand marché de la capitale, la paroisse de St Joseph attire de nombreuses femmes pauvres qui y viennent soit pour mendier, soit pour tenter de survivre en vendant des produits de quelques sous. Des milliers de femmes mènent un dur combat pour gagner une bouchée de pain hypothétique.
Dans cette lutte pour la survie, l’enfant est un handicap majeur. Il est soit abandonné dans une hutte, soit placé chez une vieille tante. Les plus grands errent dans les rues et sombrent souvent dans la délinquance. (…)

Sr Thérèse écoute ces femmes, entre en contact avec différentes personnes ou organisations prêtes à accueillir des enfants en situation d’abandon. Elle se décide à fonder le 10 novembre 1985 sa propre organisation dénommée « Foyer
de la Providence ». (…)

Le Foyer de la Providence va comprendre trois volets. Sr Thérèse organise d’abord une école maternelle qui reçoit près de 120 enfants. Ils bénéficient d’un début de scolarité et d’un repas chaud par jour. De plus, elle ouvre une école professionnelle pour des adolescentes de plus de quatorze ans. Là, on leur enseigne la couture, la broderie, la pâtisserie.
Après un cycle d’études de trois ans, elles pouvaient facilement trouver du travail dans une manufacture. Enfin, les enfants qui n’ont pas de foyer sont confiés à trois femmes bonnes et modestes à qui la Sœur verse une petite pension.
La mort d’une d’entre elles amènera deux groupes d’enfants à se fusionner en un. Ainsi on aboutit jusqu’à récemment à deux maisons d’accueil : l’une dirigée par Madame Ginette Déliné et l’autre par Madame Gustave. (…) »

LE FOYER DEPUIS LE TREMBLEMENT DE TERRE DE 2012

« Le tremblement de Terre du 12 janvier 2012 a détruit le local des Sœurs. L’école maternelle et professionnelle cessent d’exister. Seul le Foyer continue à fonctionner. La congrégation oblige Sr Thérèse à prendre sa retraite. Elle confie alors à un comité le soin d’assumer la relève. Ce comité s’associe à un groupe de religieux et formera une association dénommée ALRAFEX dont je suis le président en exercice. Jusqu’en juillet 2012, les deux maisons comptaient l’une 22 enfants et l’autre 20. La crise financière a considérablement réduit le nombre de nos bienfaiteurs. Nous nous sommes vus obligés  de diminuer le nombre d’enfants logés chez Mme Gustave. Il n’en reste actuellement que six.  Notre objectif est de mettre fin au fonctionnement de cette maison pour mieux nous concentrer sur les enfants de Mme Ginette. On y trouve trente filles et fillettes. Située à St-Roc, à une dizaine de km de Port-au-Prince, la maison occupe un site  agréable. Ginette s’est révélée une bonne administratrice et une véritable maman pour les enfants. Une organisation américaine a construit un grand dortoir, une cuisine, des toilettes. Une école proche reçoit les enfants. (…)

Pourtant, nous sommes assez préoccupés pour l’avenir du Foyer. Ce qui nous manque, c’est la reconnaissance  légale. Nous ne réunissons pas certaines conditions : notre espace est trop étroit. On nous offre un terrain de 7.500   mètres carrés contigu au local du Foyer pour la somme de 20 000 $US. Nous ne sommes pas en mesure de l’acheter. Pour être crédibles, il nous faut présenter à l’Institut de Recherche et de Bien-être Social, qui légalise les orphelinats, un budget mensuel de 90 $US par enfant. Ce budget couvre les frais de nourriture, de scolarité, des vêtements et du personnel affecté au fonctionnement du Foyer. Nous en sommes loin, malgré une subvention d’une organisation américaine. »

REVES D’AVENIR

« Si nous achetons le terrain de 7.500 mètres carrés, nous pouvons faire progresser l’orphelinat. Notre idée également est d’ouvrir une boulangerie, ce qui nous permettrait de n’être pas totalement dépendants. Nous voudrions également faire comprendre à chaque enfant que sa vie dépend en grande partie de sa capacité à travailler. Ces enfants démunis, vivant dans un pays extrêmement difficile comme Haïti, doivent apprendre à se prendre en charge, à se battre avec dignité pour se créer une place au soleil.

La maison de St-Roc a actuellement 30 enfants. Nous recevons continuellement des gens qui sollicitent une place pour un enfant en situation d’abandon. Mais nous ne pouvons pas augmenter le nombre. L’expérience acquise en cours de ces dernières années, la position idéale de St-Roc, une campagne proche de la capitale, nous autorisent à croire que le Foyer de la Providence peut devenir un grand centre d’accueil où plusieurs  dizaines  d’enfants peuvent retrouver l’amour, l’éducation, la chaleur d’un véritable foyer.

Ainsi j’ai été vraiment content de voir que vous continuez à penser à nous à travers ce concert que vous organisez. Ce noble projet de mettre en relation le public français et les enfants Haïtiens abolit les frontières et rapproche les hommes en leur rappelant que nous sommes un. »

Francis Turnier, le 2 novembre 2013